vendredi 4 septembre 2015

Panissières 2015 : détails du paddock



Je me suis donc promené dans le paddock de cette 28ème édition de la course de côte de Panissières.
Comme toujours à l'affût du cliché sympa, d'un détail marquant. 
Comme toujours il y a trop de choses à voir, à te montrer !
J'ai donc fait une petite sélection, en attendant de te remettre sur la piste ... (je te prépare un petit florilège de side-cars et de grosses cylindrées)

Pour revenir à ce lieu de vie qu'est le paddock du Championnat de France de la Montagne et Motos Anciennes, il faut imaginer une forêt de tentes et des camping-cars disséminés de-ci de-là, au bord de la route et sur les terrains alentours mis à disposition. 
Ce campement sent bon la vie de bohème, les nouilles trop cuites, les frites et le barbecue. Les enfants sont omniprésents, beaucoup passant de la trottinette à la combinaison de cuir pour attaquer la montée en catégorie "éducative". Étonnant !
Les parents et autres concurrents, installés sous des barnum bariolés, mécaniquent ou cuisinent. Les commentaires vont bon train et l'humour est de rigueur. Chacun aborde avec une gravité teintée d'excitation le résumé de sa course, pesant les risques encourus face au chrono, cherchant des solutions techniques ou se remettent en question. Que faut-il faire pour améliorer ?  

Sous la chaleur écrasante de ce dimanche d'août, les pilotes solo prennent le temps de se reposer tandis que les side-caristes ont toujours des bricoles en cours... (c'est même à ça qu'on les reconnait : entre dépose/repose des carènes pour refroidir les moteurs et autre fignolages, le side-cariste passe pour un perfectionniste, un esthète, le chantre de la boite à outils)
Mais le farniente n'est pas au programme ! On surveille du coin de l’œil l'affichage des temps officiels. 
Dès qu'ils sont connus, il s'agit d'en récupérer une photocopie pour se plonger dans l'analyse des chiffres... Que faut-il faire pour améliorer ? Je l'ai déjà dit ? Ah ! ;-)
Tout cela génère une ambiance d'amicale compétition. 
Et même si existent parfois des tensions, il n'en parait rien car le seul Juge de Paix est le chronomètre ... rien ne sert de râler, il faut partir à point ! (c'est à dire au feu vert)

En attendant la suite, voilà un (petit) wagon de photos triée sur le volet ;-)  


Panissières 2015 > affichage officiel des chronos



Récupération des données (les chronos) pour analyses poussées. Nota : pour ajouter en crédibilité il convient de venir à la photocopieuse en sous-vêtements !


Le train avant d'une Rickman/Kawasaki, locale de l'étape




Des side-caristes qui ne bricolent pas (enfin, pas là) les "Rolling" père et fils










































Tiens ! des side-caristes pris sur le fait ! : il bricole un truc ;-)


















Un kawasaki Stinger de compète, superbe ! Celui de Michel Vajmar, de l'AMRP






Un train avant SGR (Sam Gache Racing) celui de Dieudonné Rigo et Sylvia Moreau






Le p'tit loup que cache Etienne dans la bulle de sa Suz' GS1000/Martin





La KTM A2F de Fabrice Nagot (UM AIN)











La Ducati Panigale 899 d'Alexandre Machet (MC Annemasse)












La Yamaha R6 de Bob Bardot (AMD)





Le roupillon salvateur permet le bon chrono !



mercredi 2 septembre 2015

Panissières 2015, épisode 1


Nicolas Bosson, Champion de France en titre (2014) en 1300, concentré sur le départ.

Un dimanche dans les Montagnes du Matin ...
Ciel bleu, soleil, public nombreux, tracé impeccable ... 
Bienvenue à Panissières, aux confins de la Loire et du Rhône, pour la 28ème édition de la course de côte du même nom.
Lors des éditions précédentes, il s'agissait là de la finale du Championnat de France de la Montagne et Motos Anciennes. Cette année, c'est l'avant dernière de la saison. 
Arrivé sur place de bon matin, j'ai choisi de stationner Mamy Transalp en haut de la côte histoire d'embrasser le superbe paysage. 
A perte de vue ondulent les Monts du Lyonnais, ponctués de forêts, d'espaces verdoyants, et de routes sinueuses à souhait. De vraies routes à moto !
Ce n'est donc pas par hasard que l'AMRP, l'Association Motocycliste Région Panissièroise, entretien avec succès ce rendez-vous annuel depuis tant d'années, avec la bénédiction de la FFM.

De bon matin, donc, j'entreprends de descendre progressivement le long de la route devenue piste pour l'occasion. Comme toujours, il y a une marche d'approche pour rejoindre les points de vues aménagés pour le public.  De bonnes chaussures sont de rigueur ! 
Tandis que je chemine, les sons provenant du vallon montent jusqu'à moi : les envolées mécaniques de quelques motos peaufinant les derniers réglages et la voix reconnaissable entre mille du speaker, l'inoxydable René Géret. 
Ce dernier, monument de culture moto, distille avec un plaisir non dissimulé les détails techniques derniers cris, et avec amour les potins du paddock. Il a un petit mot pour chaque pilote, chaque team, dont il connait tous les membres. C'est en direct au micro, et c'est vraiment sympa. L'ambiance qui règne est presque familiale !
Le public ne s'y trompe pas et est venu nombreux en cette radieuse journée.

René Géret micro en main, assis sur un voltaire rouge à son nom...


En continuant de descendre, je me suis d'abord arrêté sur le haut du parcours, juste après le gauche suivant l'épingle. 
Là, à peut-être 2m50 des motos qui déboulent sur l'angle, pleine charge,  je peux profiter pleinement du spectacle.
Après le visuel, un constat auditif s'impose : les équipes de pointe ont généralisé l'utilisation du shifter. Cela s'entend bien, c'est grisant. Écouter les vitesses s'empiler à ce rythme était encore rare l'an passé (une BMW S1000RR équipée d'origine de ce système faisait figure de bête de foire l'année dernière) 
Les aides au pilotages sont également particulièrement sensibles : il y a une nette différence de comportement  entre une moto dotée du contrôle de traction + anti-wheeling et une autre non équipée. Les trajectoires des premières sont tendues et plus précises, alors que les pilotes des autres se bagarrent visiblement.
Je ne pense pas objectivement que cela retire du mérite aux uns comme aux autres, mais le trou doit se faire au montage des budgets !
 Pour le spectateur, cela ne change rien, cela ressemble fortement à de la course sur route à l'Anglaise. A la fois si décriée et attirante, voire fascinante, cette course contre la montre doit consacrer le "king of the hill", le "roi de la montagne".
A ce petit jeu à Panissières, les meilleurs montent en moins de 50 secondes ...

Etienne Bocard, Aprilia RS250


Je me suis ensuite posé un bon moment à l'épingle, portion de la piste ou la montée se joue pour beaucoup des concurrents. C'est un virage à droite à rayon constant, légèrement en dévers sur l'extérieur, qui n'offre pratiquement qu'une seule bonne trajectoire. Le chrono s'en ressent, forcément ! 
En plus d'une bonne traj', ce virage offre un excellent point de vue sur la course. Beaucoup des photos que tu découvriras ici y ont été prises.
Angle maxi et relances sont au menu de cette portion ...

Il me restait à te montrer le paddock et le départ. Je m'y suis donc rendu à la pause déjeuner pour croiser avec grand plaisir plusieurs animateurs du Championnat, Christophe Convers, les "Rolling" père et fils, Etienne Bocard, Christophe et Krystel entre autres.
Le temps de prendre la température, faire de jolis clichés de détails et hop ! retour sur la ligne de départ.
C'est un endroit extraordinaire. C'est pourtant simple : les concurrents se présentent un à un, attendent le feu vert toutes les 30 secondes, la moto posée sur la cale maintenue par un commissaire. Le tout sous l’œil averti du Directeur de course.

Pourquoi extraordinaire ? tout simplement parce qu'il n'y a plus guère que dans cette discipline atypique qu'est la course de côte que le public peut s'installer à un jet de noyau de cerise du pilote sur le départ. Génial !
Voilà ce que c'est également le sport moto : une vague de sentiments divers et variés mais qui prennent aux tripes des plus blasés. Pourvu que ça dure !
Voire ces side-cars, ces motos, cracher leurs chevaux pour s'arracher presque à l'attraction terrestre, sentir le sol trembler, ressentir la mécanique en plein effort, les embrayages gémir, les pneus crisser, les odeurs de gaz brûlés, de gomme, le bruit des moteurs...
L'effort physique, le regard des pilotes à travers les visières, les cris qu'ils poussent comme pour exorciser les ombres du mauvais départ, la musique d'ambiance, les commentaires "live" de René, les bras tendus du public qui brandissent autant de smartphones ... 

Ah ! mais qu'attend tu pour venir voir  ça ?!

De mon côté, j'ai fait le plein des cartes mémoires histoire de te proposer quelques images.
Comme je m'était garé en haut après l'arrivée, j'ai dû payer de ma personne pour te les rapporter !  
Dans "course de côte", il y a "côte" , tâche de t'en souvenir ! ;-) 

Enjoy !

Certain virages sont plus sympa que d'autres ! ;-)
 


Christophe Morel et Krystel Perrin Team Guidon 11 / Speck moto pièces



Drazyck Pupier AMRP, catégorie Power 25cv, sur un proto TZH 150


 
Christophe Convers, Rickman/Kawasaki 900Z1 1075cc




Christophe Convers, Rickman/Kawasaki 900Z1 1075cc


Aldo De Tadeo de l'atelier Dual Mano, sur Harley-Davidson WL1942 MC Zone Rouge



Dominique Piston (!) Honda CB 350 MC ANDLAU












Sylvain Enjalbert RMSCV sur Triumph Daytona 675








Thierry Brunel AMRP Triumph Daytona 675



Alexandre Machet ANNEMASSE, sur Aprilia 250 RSW







Jean Charles Hoffmann MC Zone Rouge sur Kawasaki 250 KR1S




Pierre Christin ANNEMASSE, sur KTM 690 SMC-R












Le tandem Champion de France et d'Europe : Dichamp / Peugeot sur LCR/Suzuki

vendredi 28 août 2015

Contact : Kawasaki 1300Z Voyager

Kawasaki 1300Z Voyager, 1984

"Voyager" , en Français "le voyageur". 
En Anglais ça se prononce ... pareil, mais avec un "D" > [vo-ya-djeure]  !

On ne peut que se féliciter de voir que notre Verbe fait travailler l'imagination des concepteurs de moto.
Bon. Ceux là ne se sont pas trop cassé la tête. 
Nous sommes au cœur des années quatre-vingt, nuque longue et chemise Magnum de rigueur.
Destinée au marché Américain (et fabriquée sur place) la Kawasaki 1300Z Voyager fait résonner le Star Spangled Banner au dessus du panier bien garni des grosses GT de l'époque : Honda 1200 Goldwing, Suzuki 1400 Cavalcade, pour ne citer qu'elles.
Oui mais voilà, la Z1300 a pour atout son fabuleux 6 cylindres en ligne à injection. En 1984, l'année de sa sortie, la Voyager en impose : 117 chevaux pour environ 13Mkg de couple ... Certes, la puissance est revue à la baisse par rapport au modèle "naked" mais le moteur gagne en souplesse et en couple. 
Le poids atteint les 400 kg, ce qui est plutôt concurrentiel. Les autres machines du segment sont du même gabarit, mais restent propulsées par des quatre cylindres (le premier 1500/6 Honda n'apparaitra qu'en 1989, un an après la fin de carrière du Voyager)
Elle est équipée selon les canons du genre pour l'époque : un tableau de bord digne d'un avion avec ordinateur de bord, compteurs et compte-tours digitaux, système audio, amortisseurs pneumatiques réglables, sellerie ultra-confortable...

Le modèle que tu découvres ici est en parfait état pour ses presque 80000 km et 32 ans ! Il m'est "tombé dessus" d'une manière inattendue.  Je ne pouvais pas laisser l'occasion de t'en parler... (j'ai pris les photos avec mon portable ;-) ) Je ne l'ai pas essayée... 
Son propriétaire a avantageusement modifié le freinage avant avec l'aide de AGZ en installant des étriers Brembo sur de jolies platines sur mesure. Le dossier pilote n'est pas d'origine non plus...

Sacrée machine !  ne lui manque que l'ABS, un contrôle de traction (et peut-être un lifting !)  et elle retrouverait se place dans le trafic.
Mais que se passe-t-il ? aurais-je pris un coup de vieux ? Aïe !   :-)

Kawasaki 1300Z Voyager, stationnée à côté d'un 1800 Goldwing ... elle ne détonne pas !



Kawasaki 1300Z Voyager : le côté gauche du 6 en ligne ... sculptural !








Ce tableau de bord fait furieusement penser à une série télé des années 80... mais c'était une voiture qui parle! ...

La modif' de freinage par AGZ : étrier Brembo sur une platine maison, en position radiale. Superbe !



La marque de fabrique (qui permettait de traverser les Etats-Unis en Japonaise sans se faire taper dessus !)