mercredi 1 avril 2020

La "déconfinure"... Episode 2

18 septembre 2019, 07h50, Péage de Chanas


Me revoilà, prêt à prendre la route pour me rendre au Castellet en cette fin septembre 2019. L'idée, en partant le vendredi matin, est de rouler toute cette première journée pour en faire une balade de qualité. Comprendre : une liaison rapide (autoroute un peu) puis une spéciale de plusieurs centaines de kilomètres sur de petites routes jusqu'à l'arrivée, prévue juste avant le départ de la première manche du Bol d'Or Classic. 
Pour faire court (!!) : 10 à 12 heures en selle à travers les paysages magnifiques du Rhône, de la Drôme, des Alpes de Haute Provence puis du Var, en terminant bien sûr dans les Bouches du Rhône.

Un poil inquiet quant-aux performances requises pour suivre le groupe à dos de Mamy Varadero, j'avais décidé la veille de changer de monture et d'équiper Mamy ZRX d'un train de Pirelli Diablo Supercorsa SC, à peine rodés par Vincent sur circuit.
Quel luxe ! C'est vrai, mais il faut toujours être prêt pour le cas où. Héhé...
Note que jusqu'à l'heure du rendez-vous Fred ne m'avait pas clairement expliqué quelles seraient les conditions de roulage.
Oh comme j'ai bien fait ! En arrivant au rendez-vous de départ au péage de Chanas le vendredi matin je découvrais bien rangées sur le parking une brochette de bécanes composée de deux Honda 800 VFR, un vieux Yam 750 FZR "état concours", le dernier Yamaha R1, un Honda 1000 VTR SP2, Fred sur son BMW K1200R Sport (le bien nommé "panzer") et donc Mamy ZRX. Toutes ces brêles fièrement et efficacement menées par un groupe de pilotes quarantenaires chevronnés aussi sympathiques qu'accueillants.

Gaz !
Je te passe l'insipide liaison autoroutière qui nous a conduit du côté de Loriol. Nous avons ensuite obliqué plein Est, à travers les Baronnies en direction des Hautes Alpes et des Alpes de Haute Provence.
Ah! il faut voir comme une saine émulation s'est installée dans le groupe !  De loin on aurait pu nous croire en train d'écrire un nouveau "chapter", à rouler ainsi en quinconce... De face oui, mais de profil tu aurais eu du mal à faire le point. 
Wooosh ! Fait la brêle qui fend l'air provençal de bon matin. Et quand elle le fait sur les routes départementales, cela permet d'apprécier l'inégalité des revêtements, la variété des décors qui changent, la vitesse à laquelle les virages et le relief te sautent à la figure. Car il est vraiment là le sel de cette journée. 
Comme je te l'avais indiqué précédemment (voir épisode1), les gars qui composent la bande ne sont pas là pour amuser le terrain. Ils n'ont pourtant rien à prouver, c'est sûr. Mais il serait de bon ton de ne pas se laisser distancer tu vois ? Alors Gilles ouvre la route sur sa VFR. Marrant ! De prime abord on pourrait penser qu'il roule "débranché". Il trace, imperturbable, à une allure qui force le respect. Les autres s'efforcent de suivre,  l'air faussement décontracté. Ou c'est une impression ?  Peut-être. N'empêche, il faut se cracher dans les mains et rester concentré. 
Nous prenons des angles comme il y a longtemps que je n'en avait pas pris sur route ouverte, les trajectoires sont tendues, les relances agressives juste comme il faut. C'est jouissif ! Tous les sens en alerte nous nous relayons telles des oies sauvages en tête du "V" pour favoriser la pénétration dans l'air. Histoire de faire bonne figure nous déployons toute notre science du pilotage sur route :  analyse de l'environnement, distances de sécurité, de freinage, trajectoires au scalpel. 
La maitrise du véhicule est pointue, souple. Aucun écart ne perturbe notre formation pendant que le soleil s'élève et réveille les odeurs automnales qui s'insinuent dans les aérations de mon casque intégral. Senteurs variées de mousses, aiguilles de pin, humus... Ah c'est trop bon !  Le gros bloc de Mamy ZRX respire à pleins poumons. Les bruits d'admission et d'échappement rythment les montées en régime du moteur, pendant que le sélecteur me permet de coller à la topographie... et à mes compères.
Mais si à bon train le temps file et, bien que nous nous efforcions de le retenir, c'est comme cela que peu avant midi nous arrivons à Banon, pas très loin de Forcalquier.
Fred, qui ferme la marche le couteau entre les dents, rejoint le groupe pour nous apprendre qu'il posé sa carte bleue sur la pompe à essence où nous nous sommes arrêtés cinquante bornes plus tôt ... Mines déconfites puis hilares : personne ne se souvient du nom du bled ni de son unique pompe, quelque part dans les Baronnies... Il en sera quitte pour faire opposition. Un vendredi ! Bon weekend !

Fred prend de l'essence, sans se douter qu'à partir de là il devra tout payer en queues de cerises et en nèfles.

Cette étape est bienvenue. Les machines se reposent sur une placette en produisant les clics et clacs propres au métaux qui se rétractent. De notre côté la carte d'un petit restaurant est consciencieusement explorée.
C'est aussi quelque chose à souligner : après une bonne arsouille route éprouvante, le motard aspire à un peu de repos, généralement en terrasse, en tous cas à la terrasse d'un établissement d'où il peut admirer sa bécane. C'est comme ça, on y peut rien.
Une fois tranquillisé, l'intéressé n'a plus qu'une seule envie : desserrer ses bottes et retirer son lourd blouson de cuir. Voilà. Ceci pour éclairer ta lanterne, car c'est vrai, tu n'es pas obligé de tout savoir. 
Et chacun de se dandiner avec désinvolture vers les toilettes...Couic ! Crac ! Font les protections de cuir, les sliders en plastiques de nos bottes. La clientèle ébaudie ne nous quitte pas des yeux... Nous sommes donc obligés de rouler des mécaniques, l'air de rien. J'avoue, j'adore le folklore de l'équipement motard, mais qu'est-ce qu'on à l'air c... quand il faut marcher avec ! La marche de l'empereur... Oh tout de même !
Cette heure de table, roborative, ne nous a pas fait perdre de vue l'essentiel : commenter le pilotage de chacun avec force respect et mauvaise foi, bien entendu.
Café, étirements, quelques pas. Nous resserrons les bottes et enfilons les blousons. Un coup de chiffon sur les écrans de nos casques. Nous sommes prêts.
Contact ! 
La meute s'ébroue, le temps de chauffe est réduit à sa plus simple expression. Première en bas toutes les autres... tout droit !
Nous repartons sur les routes en blanc sur la carte.

A suivre ! 



18 septembre 2019, quelque part en Drôme Provençale, au café !



18 septembre 2019 - une p'tite pause !



Banon, sous le truc rouge. Sur place, c'est superbe ! CLIQUE ICI




Le "panzer" au premier plan ... Mamy ZRX ensuite, et Gilles qui jette un oeil à ses pneus (on ne sait jamais !)

mardi 24 mars 2020

La "déconfinure" ... Episode 1

Ma pomme ! Un dernier tour avant "le grand confinement", avec un masque et des gants.

Respire, détend-toi. 
Je reprends la plume ou plutôt le clavier histoire de donner un peu de relief à ces journées inhabituelles.
C'est vrai, cela fait un bout de temps que je ne suis pas passé par ici.  Non pas que ce soit l'envie qui manque, mais peut-être un peu d'engagement. Je disais que je n'avais pas le temps, ce qui est vrai d'une manière générale puisque professionnellement ma carrière a pris le chemin de l'indépendance, mais peut-être aussi un peu par manque d'inspiration. Je dois le reconnaitre, la concentration nécessaire pour se jeter dans le vide de la page blanche, fut-elle numérique, n'est pas aussi simple que tu peux le croire.
Pourtant la passion de la moto sous toutes ses formes et ce qui m'a conduit à créer ce blog fin 2011 déjà est toujours là, n'en doute pas.
Oh oui ! Motard invétéré, assoiffé de connaissances et de partage autour de ce moyen de locomotion, je ne cesse ni de rouler ni de rêver que je roule vers de lointaines contrées. Je ne fuit pas ! 
L'idée est certainement de partir, ne serait-ce qu'en esprit d'abord, pour assurément mieux  revenir.
Pour cela mes bécanes sont sur le pied de guerre et, tu en as été le témoin, parfois au prix de nombreuses heures d'apprentissage mécanique et électrique. Ginette, le side-car familial, Mamy ZRX et Mamy Varadero se tiennent compagnie dans l'antre du Galipomètre et attendent patiemment de pouvoir reprendre la route.
De plus les copains ne sont jamais loin. Tu les connais bien d'ailleurs pour les croiser ici de temps à autres. Leurs points communs ? Je les nomme ici par leur initiale la plupart du temps (car ce sont de grands timides) mais dans la vraie vie ils et elles ont la chaussure gauche bousillée par le sélecteur de vitesses et exhalent une odeur à nulle autre pareille, mélange d'hydrocarbures plus ou moins raffinés et de gomme pneumatique échauffée. J'exagère? Peut-être. 
Mais ce que je retiens par dessus tout c'est un état d'esprit caractérisé par une ouverture, une sympathie, une franche camaraderie qui s'étale sur la Capitale des Gaules, depuis les vignobles du Beaujolais jusqu'à l'orée du pays Viennois en passant par la plaine de l'Ain et les Monts du Lyonnais.
Fiers pays fait de routes viroleuses, de collines verdoyantes, d'accents appuyés, de terroirs secrets et de légendes nombreuses. 

Ah mais !, me diras-tu avec raison, que s'est-il passé depuis la dernière fois que nous avons taillé une bavette ?
Et bien beaucoup de choses... Je dirais en premier lieu pas mal de bornes à moto, puisque tu dois savoir que j'ai officiellement promu Mamy Varadero au rang de véhicule principal et professionnel. Ce qui n'est pas peu dire ! C'est dingue ce qu'elle peut transporter, une vraie bête de somme. Entre autres, un kit complet de mannequins de formation au secourisme très régulièrement, ou même une ... ruche (vide de ses occupantes) pour Noël. Héhé ! Je ne m'ennuie jamais (ou presque!)

Mamy Varadero, bâtée pour le boulot !


Mamy Varadero, transport d'une ruche Dadant ... Héhé, c'est piquant non ?

Résumer ces quelques mois passés est un peu ardu.
Je ne peux cependant pas commencer sans te parler du Bol d'Or 2019, où j'ai pu me rendre grâce à Fred, l'assureur le plus rapide du secteur
Édition dont nous parlerons encore longtemps puisque, et ce fut une première, la course a été neutralisée pour la nuit pour cause "d'épisode méditerranéen". Une tempête, donc. Incroyable !. Et nous d'arpenter, incrédules, la pit-lane du circuit Paul Ricard en ce début de soirée du samedi, en train d'observer les teams qui bâchaient les motos sous la pluie. La course ne reprendra que le lendemain matin à six heures.
Heureusement, nous avions pu voir la veille au soir et ce samedi matin là, les épreuves du Bol d'Or Classic.
Mais quelle ambiance ! C'est la deuxième fois que l'on me permettais de vivre ça de l'intérieur. Comme en 2016, Fred et moi avons pu nous installer au cœur du réacteur : depuis les loges au dessus des stands nous avons pu déambuler de la voie des stands jusqu'à la grille de départ. Ces points de vues sur le circuit sont tout bonnement épatants. 
Je crois qu'on ne peut pas s'en lasser. La farandole publicitaire et multicolore qui émaille tout cet espace produit son effet : l'esprit de la course est ancré dans l'histoire du lieu. Le circuit Paul Ricard est une enceinte particulière à plus d'un titre (sans jeu de mots!) 
Quand tu te trouves dans le petit carré d'herbe à l'entrée de la ligne droite des stands, à quelques mètres de la piste, que les tribunes en face sont pleines et que les motos déboulent en pleine accélération depuis la sortie du Virage du Pont, là c'est presque indescriptible. 
Il faudrait prendre du recul, mais c'est impossible. D'un côté la mer, qu'on devine toute proche, ne laisse pas s'échapper une clameur formidable retenue de l'autre côté par la somptueuse frise de la Sainte Baume. 
C'est grisant ! 
Les pilotes se battent avec leurs machines, les redressent en sortie du virage,  luttent avec elles pour maintenir une vitesse suffisante pour une relance efficace. Les assistances électroniques jugulent les wheelings et le patinage, mais laissent deviner la puissance et la vélocité de leurs calculs.
Les mécaniques hurlent, les ruptures d'allumages en pleines charges permettent de passer des rapports millimétrés, ponctués de courtes explosions contenues. Les pilotes se pelotonnent derrière le mince carénage et un bref instant il est possible de distinguer leur regard concentré derrière l'écran de leurs casques. 
Ambiance...

Le détails amusant de ce weekend ? 
En réalité plusieurs. D'abord le fait d'avoir rejoint le Castellet par "les petites routes" en compagnie d'une bande de motards chevronnés aussi sympathiques que véloces... Et ils étaient vraiment très très sympathiques !  

A suivre ... ;-) 

Ps> pas mal de motos vertes dans ces photos. Faut dire que nous avions posés nos valoches dans le stand commun SRC/HRT/Club14. Ne t'inquiète pas, beaucoup d'autres couleurs sont disponibles !


Bol d'Or 2019 - vendredi soir, le calme avant la tempête !




Bol d'Or Classic 2019 - vendredi soir, ravitaillement chez Hampe Racing Team




Bol d'Or Classic 2019 - Etienne Bocard, concentré ! (il aura bien sûr à cœur de "faire le freinage" à ses concurrents !) http://www.beringer-brakes.com/



Bol d'Or Classic 2019 - Christian Haquin et Christophe Charles Artigues, coéquipiers sur la 11 du HRT (Kawasaki ZX7R)



Heu ... que dire ? Merci Fred ! ;-)






Bol d'Or Classic 2019




Bol d'Or Classic 2019




Bol d'Or Classic 2019 - Suzuki Phase One 1100 GSX-R 1986 / Post Classic - Peter Linden au guidon




Bol d'Or Classic 2019 - Beringer 11 - Suzuki GSX-R 1052 1988 / Post Classic -




Bol d'Or Classic 2019 - Hampe Racing Team / Club 14 - Kawasaki ZXR-7 1991 / Post Classic - Christophe Charles Artigues au guidon



Bol d'Or Classic 2019 - Ride4fun - Ducati 900 TT1 / Classic - Christiaan Govaert au guidon




Bol d'Or Classic 2019 - Christian Haquin




Bol d'Or Classic 2019 - Christian Haquin





Bol d'Or Classic 2019 - Dans le stand du HRT : les yeux rivés sur les chronos !





Bol d'Or Classic 2019 - Scuderia Moto - Bimota DB4 1983 (1100 Suzuki) Cat. Classic




Bol d'Or Classic 2019






Bol d'Or Classic 2019 - sur la grille...




Bol d'Or Classic 2019 - Team Bike - Stephane Mertens au guidon d'une Honda RC30 1989 Cat. Classic




Bol d'Or 2019 - Samedi, début de "l'épisode méditerranéen"




Bol d'Or 2019 -Course neutralisée, en attente de la décision de la Direction de Course



Bol d'Or 2019 - Les motos bâchées





Bol d'Or 2019 - Les motos bâchées





Bol d'Or Classic 2019 - Christophe Charles Artigues et Christian Haquin, 3èmes en Post Classic !


mardi 25 février 2020

La Guzz !

Moto Guzzi Moto Bel' 2014 : 128 cv pour 162kg... Miam !



Archives maison : salon de Lyon 2020

jeudi 23 janvier 2020

vendredi 17 janvier 2020