mercredi 20 juin 2018

5ème Montée Historique du Beaujolais - Episode 2



Nous y voilà.
Je t'ai laissé au terme d'un récit qui résume cette superbe journée, jusqu'à ce que je me retrouve en première ligne.
Oh oui ! Ça ne pouvait pas s'arrêter là !
Comme je te l'ai laissé entendre,  Fred et moi nous étions mis d'accord pour que je puisse moi aussi participer à la montée. Grande première ! Car cela fait plus de dix ans que je me rends sur les courses et démos en côte de la région, sans jamais avoir osé me lancer.
Il y a tout de même quelques temps que cela me travaille. J'ai également été maintes fois sollicité par les nombreux participants que je croise lors de ces évènements. Je dois admettre que ce n'est d'ailleurs plus tout à fait par hasard, puisque repéré depuis des lustres comme amateur de belles mécaniques ou, pour le moins, de sensations mécaniques, j'ai dû me défendre souvent en arguant du fait que je suis meilleur spectateur que pilote.
Pourtant je peux soutenir quelques arguments. Je roule quotidiennement (et toute l'année) à moto , comme tu le sais avec différents types de machines, et ne craint pas particulièrement les éléments ou aléas climatiques. J'ai eu la chance de tester mes compétences sur circuit comme en tout terrain. Faire de grosses étapes à "bon rythme" ne m'effraie guère et passer du solo au side-car ne me dérange pas plus que ça. 
Enfin, n'étant pas un grand fan d'électronique embarquée (peut-être à tort?) je me passe facilement de contrôle de traction et d'ABS.
Voilà qui devrait me permettre d'aborder une démonstration en côte sereinement, au guidon d'une "ancienne".
J'imagine que tu trouves cela un peu pompeux? C'est ce que j'étais en train de me dire à l'instant, en écrivant ce passage. Mais, réflexion faite, je pense que toi et moi partageons beaucoup de choses à ce sujet. En tous cas pour moi, mieux vaut s'en remettre à une bonne vieille caisse à outils qu'à un "bon vieil ordi" pour régler sa machine. Je vieillis ? Certainement ! Et je crois que j'assume ... 
Alors donc, je te raconte tout ça de la même manière que j'ai abordé ces deux fameuses montées prévues pour moi: histoire de gagner du temps.
Oui j'avoue. Je n'en menais pas large au moment de rejoindre le premier départ.
Bah oui quoi ! 
C'est qu'à force de voir passer les copains, d'entendre les moteurs prendre des tours ou ralentir, deviner à l'oreille la progression d'une moto dans la côte, estimer sa vitesse, la dextérité de son pilote, situer les repères de freinages ou encore chercher le point de corde, c'est facile quand ton but est d'essayer, depuis le bord de la piste, de faire quelques photos présentables. Jusqu'à présent c'est ce qui captivait toute mon attention. 
Avec une pointe d'humour je peux t'avouer que ce qui est particulièrement plaisant c'est aussi entre deux passages, lorsque le bruit retombe, quand ne subsiste parfois qu'une odeur légère. Le vent reprend ses marques, les insectes bourdonnent comme si de rien n'était alors que la moto suivante n'est qu'une rumeur sourde plus bas dans la vallée. Moment privilégié qui me surprend souvent posté sur une branche en surplomb ou encore au fond d'un fossé,  l'appareil photo au ras du sol...


Mon bon vieux D2X monté avec le 80/200 2.8 "à pompe"...le tout perché sur une branche. J'apprends tous les jours avec lui !

Me voilà donc, avec force claques dans le dos et sourires complices, au guidon de la Honda CB750 K2 1972 de Fred. 
Bon. Quand faut y aller... Ah mais je n'y vais pas à reculons, tiens le toi pour dit. J'ai juste à cœur de bien faire et de prendre soin de la belle japonaise révisée, polishée, chromée, estimée, valorisée et tout ces qualificatifs en "é" qui mènent immanquablement la pensée à les associer avec des verbes comme planter, glisser, casser, tarter, débosseler ou même souder.
Bref. J'y vais franchement avec des papillons dans l'estomac.
Il fait une chaleur à crever.
La descente vers le départ s'effectue dans un joyeux défilé avec cuirs ouverts et yeux plissés, visières ouvertes. Tout le monde cherche le petit courant d'air frais. Peine perdue, il n'y en a pas. Je constate qu'il y a du monde venu pour nous voir monter ! Et même pas mal. Je n'y avais pas fais attention jusqu'alors. J'ai un peu le trac ? Peut-être.
Une fois en bas, il faut faire demi-tour (reste concentré, le but est de remonter) Le temps que les près de 130 motos et pilotes manœuvrent, on a le temps de béquiller et d'aller chercher de l'eau fraiche mise à disposition par l'organisation. Merci ! 
Tout le monde est à la queue-leu-leu, en rang par deux ou trois. Certains chauffent leurs moteurs quand la majorité préfère pousser les machines à pied pour laisser reposer la mécanique.
Du coin de l'oeil, en essayant de garder une posture détendue, je surveille les départs. Les motos s'égrainent dans la montée, quittant la base de la colline toutes les trente secondes.
Des pilotes casqués que je ne reconnais pas me disent qu'ils sont contents de me voir enfin parmi eux. Je ne peux pas me cacher, avec ma plaque numéro "Galipometre" !

C'est mon tour. Moteur tournant, j'ai serré la jugulaire de mon casque (le jet à paillettes !) fermé les écoutilles de mon cuir, vérifié les scratchs de mes gants. 
Gégé "Popeye" me reçoit en pré-grille et affiche un large sourire. D'une tape dans le dos il m'invite à glisser jusqu'à Kévin, le starter. Celui-ci attend l'ordre de Jacques situé 200 mètres plus haut et munis d'un drapeau, pour me laisser attaquer la côte.
Le drapeau s'abaisse, Kévin me libère. 
Je relâche la poignée d'embrayage et mets les gaz. La vénérable sept-et-demi décolle avec souplesse. Deux, puis troisième rapport et c'est déjà l'heure de rétrograder pour passer le premier virage. Je me loupe complet. A ma décharge je dois dire que je n'ai pas fait un tour de roue avec la CB depuis un an !
Et puis je n'ose pas la brusquer. Suit un enchainement rapide qui permet de prendre de la vitesse mais, dans ma précipitation, je ne décompose pas assez le passage des rapports et provoque de faux points morts... Ce n'est pas grave pour la mécanique, beaucoup plus pour mon amour propre ! 

Merci Pierre ! ;-)
En plus j'aborde au même moment une des épingles où est posté Pierre H et son boitier, qui n'a pas manqué d'immortaliser ma déroute (heureusement on entend pas le bruit sur les photos!) La suite est du même tonneau, avec toutefois une vitesse plus soutenue et, au fil des virages, la décontraction tant attendue. 
J'ai repris mes marques: ajusté ma position en selle, déserré les fesses, relâché mes mains autour du guidon, serré le réservoir entre mes jambes et redressé mon dos, puis cherché les appuis aux repose-pieds pour enfin les trouver et les rendre plus efficaces.
Sauf qu'à ce jeu là j'avais déjà franchi la ligne d'arrivée. 
Heureusement, il me reste une montée.
Petit débriefe avec Fred, qui m'incite à me détendre au guidon. Mes repères fraîchement retrouvés me rassurent et c'est avec plaisir cette fois que je reprends la descente pour gagner le départ.
Les pilotes et leurs montures "stockés" au départ

Même joueur joue encore. Demi-tour en bas, eau fraiche pour patienter, fausse décontraction assumée.
Les bécanes partent à l'assaut de la montée, non seulement pour assurer le spectacle mais aussi (et surtout?) pour tenter de rafraichir leurs pilotes. 
Le ciel est d'azur et le soleil est haut et cogne fort.
C'est mon tour. 
Le drapeau s'abaisse, Kévin me libère. Je relâche l'embrayage avec beaucoup plus de gaz. La bécane ne s'en laisse pas compter et réagit presque comme une "moderne". Parti comme un boulet (on voit la Bresse d'ici...) j'ai choisi sur les conseils de Fred d'exploiter la longueur des rapports. Et ça marche ! La Honda est dotée d'une super allonge. Elle prend des tours sans s'essouffler, me permettant de passer de virages en épingles avec précision. Jouer entre le deuxième et le troisième rapport suffit amplement, même si la première s'impose dans quelques passages délicats. La boite étant plutôt lente, je suis sur un bon compromis mécanique. 
Je file entre les rangs de vigne. J'ai juste eu le temps d'apercevoir Nad dans le dernier gauche avant d'entrer dans la fraicheur du sous-bois. Gaz ! là ça roule ! Je fais tout de même attention à ne pas griffer les pots d'échappements dans les mises sur l'angle.
La Honda monte en régime dans un bruit caractéristique : inimitable !
La vitesse aidant, les appuis aux pieds comme au guidon sont juste impec', un régal.
On sort du bois non pas comme le loup, mais comme on entre dans le stadium d'un grand circuit allemand : lumière vive et public nombreux qui assiste au passage des deux derniers virages, sous les commentaires avisés et amplifiés du speaker. Le pied !

Merci Fred ! ;-)
C'est comme ça que je suis arrivé au sommet. Enfin bon, le sommet du Mont Brouilly ;-) 
Content, fatigué et avec la banane.
Voilà, c'est fait. J'ai fait une montée historique au guidon d'une "ancienne". 
Dire que cette idée trottait depuis belle lurette est encore un peu faible.
En revanche, ce que je pense pouvoir dire est que ce ne sera certainement pas la dernière ! 
Ginette, le side-car familial est éligible à la plupart de ces évènements passionnés et passionnants. Elle va peut-être reprendre ses atours de rallye routier abandonnés il y a trente ans... Nous en reparlerons.

D'ici là, remercie avec moi tout le staff de la Vieille Bécane Beaujolaise pour son accueil et sa bonne humeur, et Fred pour le prêt de sa Honda CB750 K2 à laquelle je n'ai pas ajouté une seule rayure (!!)

Des photos ? quelle question !  (en attendant l'épisode 3 !)








C'est la pause !





Arnaud "Tonton Raoul" Saint James se laisse aller. Et ça ventile ! - Brough Superior SS100





Gégé  ne rate pas une occasion pour tenter de nous fourguer des épinards






Dominique et Lucas, VBB






Un chouette basset type F2 à la motorisation atypique, un Yam Super T !






La Martin/Suz d'Etienne.






Philippe Blanchard, Ducati 900SS 1993






Le Honda 500 XLS 1981 de Jean-Pierre Villemagne






Une BSA à la poussette... dans le sens de la montée !






Maurice Maingret et sa Jawa 500 double-arbre de 1955




Pas de souci pour cette Peugeot P108 250 cm3 de 1931 : son pilote, Jean Paul Benas, la posée sur le repose-pied car elle ne dispose pas de béquille latérale ;-)




Le départ.






Patrick Theureau, Yamaha 650XS 1975 coursifiée par ses soins






Patrick Theureau attaque !






Pat le Zen, Yamaha 900 XJ 1983 - https://www.900-xj.com/






Alain Nicod au guidon et Cendrine Theureau au panier - Kawasaki 750






Pierre Boucard sur une 350 Honda replica de 1970






Simon Piguet, Suzuki 250 RGV 1991






Un membre du LOC ! Patrick Sollier et son superbe racer. Suzuki GS1000 1978





Etienne Bocard, inoxydable ! Martin/Suzuki GS 1100 1983






John Humpherson et Roger Peguignot, style inimitable !






Sébastien Vair, Yamaha TDR 80 1987






Frédéric Cornet, Honda CB750K2 1972 ;-) :-)






Alain Genoud, Kawasaki racer 900 (Z1 1979)





Christian Fauchille, 350 Aermacchi 1974, provenant de l'école de pilotage Tony Smith






Philippe Cheray, Honda 500 CX "torréfiée" 1979







Bernard Sciboz, Triumph T140 "Flat track" 1975






Yannick Gerez et Alain Scheurer (encore !! ;-) ) basset à moteur Suzuki 750






Bernard : vis ma vie de commissaire de piste à l'entrée du bois... ;-)  On est pas bien là?!


A suivre ... 
Dis donc ! J'ai fait plein de doublons. Le prochain épisode sera consacré à tous ceux que je n'ai pas encore blogués. Si tu cherches une photo de toi, ne râles pas, demande ! Si ça se trouve j'en ai une... Utilise le formulaire de contact ci-dessous.


jeudi 14 juin 2018

5ème Montée Historique du Beaujolais - Episode 1

La surprise du chef ! Une Brough Superior SS100, la renaissance de la prestigieuse marque anglaise développée par Boxer Bikes. Jacky Montchanin au guidon.

Le Beaujolais ! Cette région du Nord du département du Rhône, avec ses airs de Toscane, conjugue décidément bien des attraits. 
Bien entendu nous pourrions parler de ses vins, de ses spécialités culinaires qui ont fait et font encore les grandes heures de la gastronomie locale, lyonnaise et nationale.
Mais ce serait oublier que ce terroir produit également de fins pilotes et préparateurs de motos.
On le sait peu (mais on s'en doute) ces paysages magnifiques, hors du temps, obligent les routes à tournicoter. Les conducteurs automobiles pestent et tournent frénétiquement leurs volants, tandis-que les motards penchent et avalent les obstacles avec la banane. De là à dire que c'est pour cela que le vin nouveau en a souvent les arômes, il n'y a qu'un pas...
Je t'invite à me suivre sur un promontoire au nom célèbre : le Mont Brouilly. 
Planté aux limites de la plaine alluviale de la Saône, ce piton volcanique de 484m d'altitude garde l'accès de la vallée menant à Beaujeu. Couvert de vignobles réputés (Brouilly et Côte de Brouilly), son territoire est réparti entre deux communes, Saint Lager et Odenas.
Depuis cinq ans au mois de juin, c'est le théâtre de la désormais reconnue "Montée Historique du Beaujolais", car la route qui parcoure ses flancs au départ de Saint Lager est idéale pour la tenue d'une démonstration en côte.
Je te vois venir ! Certains diront que cette route n'est pas assez large, que sillonner le vignoble d'abord, pour finir par traverser un bois avant d'atteindre le sommet fait de cette route un tracé compliqué. Oui ? Et alors ? Il faut dire que le revêtement est impeccable, le cadre tout simplement extraordinaire et que finalement chacun est libre de tourner la poignée droite plus ou moins fort, surtout qu'aucun chronomètre ne viendra juger ses "performances".
C'est bien cela qu'il faut intégrer lorsque l'on s'inscrit "à Brouilly" : c'est avant tout le plaisir qui commande ! Et peut-être aussi les ondes positives dégagées par le lieu.



L'association organisatrice, la "Vieille Bécane Beaujolaise" (VBB) a mené ce week-end de bout en bout d'une main de maitre. Souligne avec moi le tour de force que représente la mise en place d'un évènement tel que celui-là, avec tout ce que cela comporte comme  tracasseries administratives et autres recherches de partenaires et sponsors.
Mobiliser des bénévoles, construire le paddock au sommet du Mont avec buvette et tentes, pour pouvoir enfin accueillir 130 pilotes et machines ainsi que les spectateurs venus nombreux, il n'y a qu'un mot : bravo !
Il faut enfin noter que la VBB a réussi un véritable tour de magie : une météo idéale a couvert l'ensemble de l'évènement. Malgré une chaleur parfois pesante et un ciel souvent cotonneux, l'orage a attendu la fin du weekend pour éclater et n'a guère perturbé que le démontage des installations.

Panorama côté Val de Saône

Pour ma part, je projette depuis longtemps de participer à une démonstration en côte. J'en ai émis l'idée l'hiver passé en particulier avec Fred, que tu as déjà croisé ici, et qui murit depuis quelques temps le même projet. 
Fred à pour lui de posséder une superbe Honda CB 750 K2 de 1972, parfaitement éligible pour les montées historiques ce qui, tu en conviendras, tombe à pic.
Nous avons donc élaboré un plan, qui a eu le bon goût de se dérouler sans accroc : nous inscrire pour participer à cette cinquième montée historique du Beaujolais.
L'idée : y passer le weekend. Alors que certains choisissent de mettre leurs motos sur remorques, en gros rouleurs que nous sommes nous avons décidé de gagner le Mont Brouilly par la route. Fred au guidon de son CB et moi pilotant Ginette, le side-car familial (Yamaha 900XJ/Goliath Rallye de 1984) chargé de tout le bazar nécessaire. 
Une fois sur place, Fred assurera la plupart des montées tandis-que je prendrai des photos comme à mon habitude, me réservant deux montées au guidon de la Honda.

Le samedi après-midi, les participants déjà présents ont été conviés à une balade dans la région. Ne pouvant y participer en raison d'obligations familiales et d'une drôle d'histoire de canalisations (;-) ) nous les avons rejoints à son terme, à l'usine Beringer située à Saint Jean d'Ardières. Sur place Simon et Etienne, respectivement Directeur Site et Directeur Technique et Commercial, nous ont fait visiter leurs locaux et décrit d'une manière claire et pédagogue les processus de fabrication de leurs produits.

Etienne Bocard nous parle de gravure au laser.   Beringer

Chacun a pu se faire une idée de la minutie, de l’ingénierie et de l'ingéniosité nécessaire au développement de systèmes de freinage ou de la fabrication de pièces spéciales dans différents champs d'application. Ce savoir faire pointu est reconnu par delà les frontières, les freins Beringer équipant entre autres de nombreux teams d'endurance moto, de célèbres préparateurs (Roland Sands est un client), des marques en petites séries (Avinton, Confederate) ou encore dans l'automobile de compétition.
L'entreprise est partenaire de la VBB. Les deux compères ayant un fameux coup de guidon c'est tout naturellement qu'ils ont rejoint la cohorte des pilotes pour gagner le sommet du Mont Brouilly à quelques kilomètres de là.

Accueillis là haut par le président de la VBB Jacques "Corbeau" Fernandes et son épouse Maïté, doublés d'Olivier et Arnaud, Fred et moi avons satisfait au obligatoires vérifications documentaires d'usage: permis de conduire et assurance. Pas besoin de licence sportive pour participer à une démo ! Puis nous avons passés la moto et nos équipement de sécurité à la vérification technique (freinage et état général de la machine). Cette étape franchie, il ne restait plus qu'a nous remettre notre plaque numéro. Kévin s'en est chargé, sous l’œil malicieux de Jacques : la plaque numéro n'en porte pas, elle affiche crânement "Galipomètre" en lieu et place des chiffres ! La grande classe ! Et une vraie bonne surprise. Merci ! ;-)



Nous avons ensuite pris nos quartiers dans une allée du paddock, où nous avons déplié le barnum pour abriter nos affaires et la moto.
Nous avons mérité un peu de repos... Mais un petit remontant fera tout aussi bien l'affaire. L'apéro de bienvenue offert par la VBB a réuni l'ensemble des participants au pied de la chapelle qui domine le Mont Brouilly. Consacrée à Notre Dame aux Raisins, l'endroit est tout trouvé pour ce rassemblement convivial (en plus elle veille aux...grains!)
Imagine un peu : grand beau temps, température idéale en cette fin de journée. Au travers des ramures, la vue porte sur des kilomètres à 360 degrés. A l'Ouest, les monts du Beaujolais moutonnent dans la brume du soir. Plein Est, la chaine des Alpes barre l'horizon, comme suspendue dans l'azur. Au Nord, la vallée de la Saône forme la limite de ce bout de Massif Central érodé. Au Sud enfin, la Calade, Villefranche-sur-Saône et les Mont d'Or qui surplombent Lyon se dessinent, comme crayonnés. 
Épatant ! 

Apéritif VBB

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé là de nombreux visages connus, croisés sur les démos et courses de côtes ou les circuits de la région. François et Nad, Fred (un autre !) et Karine, Patrick et Cendrine, Pierre H et Muriel, Les LôCteux "Doudou et Néné", Jacky Grolet, Etienne et Simon, Yannick et Alain, Gégé "Popeye", Dominique, Lucas, Kévin, tout le staff de la VBB et tant d'autres !
Les mines réjouies, le calembour de rigueur, les anecdotes croustillantes et une bonne humeur communicative, tout y est. Inénarrable.
Le jour tombant, il a fallu prendre des dispositions pour le lendemain.
Nous avons apprêté la Honda pour lui donner une "petite touche racing" : démontage des rétroviseurs et collage au ruban adhésif de toutes les parties susceptibles de casser en cas de chute (phare, clignos, feux...). Niveau de carburant et pression des pneus effectués, nous avons pu aller prendre un peu de repos. 

Notre Dame aux Raisins veille sur le Mont Brouilly et sur le paddock !

Au petit matin du lendemain, la météo semblait devoir choisir entre pluie et soleil. 
C'est finalement ce dernier qui l'a emporté, réchauffant l'atmosphère, les participants et le goudron de la "piste". Ceci afin de rassurer les pilotes. C'est tout de même bien fait non ?
Notre Honda CB 750 K2 fin prête, j'ai quitté le paddock à pied pour me glisser dans la pente le long du tracé pendant que Fred attendait le signal pour gagner la zone de départ.
Après le traditionnel "quart d'heure beaujolais" (qui n'a rien à voir avec une quelconque dégustation du breuvage éponyme hein ! C'est l'estimation locale d'une durée comprise entre zéro et trente minutes - Rien que de très normal) l'ensemble des pilotes et leurs montures ont pu rejoindre le bas de la pente. 
La route devenue piste a d'abord été ouverte par la montée des gendarmes, comme l'exige la tradition (et probablement la Préfecture!), puis les pilotes ont pu s'élancer à tour de rôle toutes les trente secondes.
Gravir le Mont Brouilly à bon rythme est exigeant pour les mécaniques. Les 2200 mètres de la piste comportent 18 virages dont 8 épingles et la pente est de 15% en moyenne. 
Il faut bien tenir le guidon, surtout lorsque la monture est un side-car basset ! Ce ne sont pas Yannick et Alain qui diront le contraire...


Yannick Gerez et Alain Scheurer, 750 Suzuki dans un chassis anglais modifié...

L'absence de chronométrage permet à chacun de mesurer son engagement sur le parcours. C'est ce qui fait le charme des démonstrations en côte. Les machines sont respectées, surtout lorsqu'elles sont rares ou en "état concours".
Ce qui n'empêche pas de souder la poignée droite. Les plus rapides sont souvent les plus aguerris : Maurice Maingret et sa 500 Jawa double arbre de 1953, Guy Letant sur sa 500 Norton Manx, Alain Genoud sur son racer Kawasaki 900 de 1979, sans oublier Pierre Faure sur Motobi Zanzani 250 de 1965 ou 68 ... Dis toi bien que ces gars-là, parmi d'autres, ne sont pas venus amuser le terrain.
D'une manière générale, tout le monde aura à cœur de faire bonne figure et d'offrir du spectacle aux visiteurs, venus nombreux.
Et ça, c'est chouette !

La matinée s'est écoulée au gré des montées et des descentes jusqu'à ce que les pilotes, bien cuits après avoir mijotés dans leurs cuirs sous le soleil de midi, aient été invités à prendre une pause.

Voilà qui marque la fin de ce premier épisode. Pour l'agrémenter, tu reprendras bien quelques  photos?
Avec plaisir ! :-) 



Le camp de base du Galipomètre, Fred Cornet, à gauche, prend la pause auprès de la superbe BSA A65 Lightning 1970 de Gérard Bouvier, à droite.





Kévin, commis d'office à la remise des plaques numéros





Le briefing des commissaires de piste par Jacques, le prez VBB. Ils vont assurer la sécurité du parcours, avec pas moins de 20 postes disséminés le long de la montée. Bravo à tous !







Jacques Fernandes, le président de la VBB, briefe également les pilotes





Olivier Marguin, membre fondateur de la VBB et speaker officiel de la montée historique






Gérard Bouvier, BSA A65L 1970






Alain Nicod se fait prêter main forte pour manœuvrer son basset à moteur Kawasaki 750 de 1974






Pendant ce temps là ... Karine "chez elles" Bessee, lustre des échappements avec bonne humeur !





Fred Dargaud fait le plein de son basset Guzzi (dont Karine lustre les échappements!) Oui, c'est bien son jerrican ;-)




Xavier Ply et sa Yamaha 350 RDLC 1980





Christian Fauchille bricole de bon matin !





Courte nuit pour Etienne (au guidon), qui a juste fini de remonter le moteur de sa 1100 Suzuki/Martin de 1983. Le coup de main de Philippe (à la selle?!) est bienvenu !





François Guillermont, de bonne heure et de bonne humeur. Comme toujours ! Merci François. (Kawasaki Z1000ST 1979)




Panorama en direction de Beaujeu






Simon Piguet, maison Beringer, sur sa superbe Suzuki 250RG Gamma 1991






Prêts à rejoindre le départ





Pierre Faure MC2A, décontracté.





Maurice Maingret démarre sa Jawa à la poussette !






Fred Cornet fait le malin mais n'en mène pas large !






En bon professionnel, le gendarme à moto fait tout frotter ! (il faut bien user les pneus jusqu'aux bords pour en avoir des neufs ! ;-)  )






Guy Letant sur son Norton 500 Manx de 1953. Magnifique et intemporel ! (oui, Guy aussi... !)






Marlyse Sciboz, Harley Davidson XR/Rotax 560 de 1983






Maurice Damour, Kawasaki 500 H1 1971





Une partie des près de 130 participants, "stockés" au départ.





Franck "Balto" Gros-Balthazar sur sa Kawasaki Z650






Dominique Gelas est le "fermeur"sur sa Honda CB250RS



A suivre ! ;-)